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Et si on inversait…

Article publié le jeudi 1er février 2018
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Des élèves qui
travaillent sur des documents, qui apportent leurs compréhensions et
leurs questionnements et une démarche en classe qui part de leurs
découvertes pour élaborer les savoirs et les acquisitions nouvelles.

Et voilà la classe inversée… de descendant l’apprentissage devient actif.

Des
participants qui réfléchissent sur leurs pratiques, analysent leurs
expériences, confrontent leurs vécus professionnels, affichent
affirmations et interrogations, matière dont les « spécialistes »
repartent non pour dire la bonne parole, mais pour approfondir les
pistes ouvertes par les échanges.

Et voici le colloque inversé… de verticale la transmission devient horizontale.

Des habitants
qui débattent, qui élaborent des solutions, qui interrogent les
faisabilités, qui construisent des possibilités nouvelles avec des élus,
non face à eux, mais avec eux, acteurs des mêmes échanges, prenant leur
part à ce renouveau de l’élaboration commune.

Et voici la démocratie inversée… de réservée elle devient partagée.

Attention, nulle recette qui marche à tout coup. Nous ne parlons ni de tarte à la mode Tatin, ni de crème dite renversée.

Il ne s’agit
pas de tuer ce qui existait hier pour le remplacer aujourd’hui par son
contraire. Le but n’est pas de tout renverser (ni la table, ni d’espérer
le grand soir révolutionnaire), juste de réfléchir à nos pratiques,
d’en percevoir le but et les moyens pour y parvenir. Et -peut-être- de
trouver que dans bien des situations, inverser nos démarches est une
manière d’agir autrement et plus efficacement.

Combien de fois
en lisant un travail, un mémoire, un ouvrage, nous nous sommes dit que
tel élément, amené comme un aboutissement, une évidence, une ouverture
conclusive, nous apparait comme le véritable sujet, sur lequel il aurait
fallu concentrer sa réflexion, sa recherche, son étude…

Développer une
pédagogie inversée, n’est pas nier les connaissances de l’enseignant ou
du formateur. C’est concevoir que le groupe des apprenants, des
stagiaires, des élèves, possède déjà des savoirs. Que leur mise en
commun provoque un partage mais aussi un dépassement : l’addition des
savoirs est supérieure à la somme des savoirs individuels. Elle crée des
espaces de nouvelles réflexions, de nouvelles recherches, de nouvelles
trouvailles.

Les savoirs de
l’enseignant s’inscrivent dans cette démultiplication. Ils en sont le
ferment. Parce qu’il provoque tant par le contenu de ses apports que par
le processus proposé et animé, une implication qui facilite les
acquisitions.

Que retiendra l’apprenant ? Que saura-t-il retrouver ?

Davantage les
savoirs à l’élaboration desquels il aura participé. Ceux pour lesquels
il aura mené des enquêtes, fait des recherches, poser des questions.
Ceux sur lesquels il aura discuté, partagé, débattu. Ceux peut-être
aussi qu’il aura tout d’abord remis en cause, rejetés, niés, mais que le
travail de groupe, lui aura finalement apporté la preuve de leur
réalité.

Inverser son point de vue.

Tel est aussi l’enjeu.

Car l’Éducation
se nourrit de la capacité critique. Et l’esprit critique nécessite de
sortir d’un cadre figé, d’accepter de regarder autrement, en décalé, en
inversé.

Inutile de dire que cette attitude peut également servir l’ensemble de nos pratiques professionnelles.

Qu’elle doit
aussi interroger nos fonctionnements syndicaux. Qu’elle est certainement
une alternative positive à l’opposition systématique. Réflexion fort
utile quand le baromètre de la confiance du Cevipof, nous alerte sur le
peu de confiance qu’ont les Français dans les organisations syndicales.

Alors pédagogues, éducateurs, syndicalistes, si -de temps en temps dans nos pratiques, on inversait ?

 

Denis Adam, le 31 janvier 2018



 
 
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